Les puces sont le parasite externe le plus fréquent chez le chien. Si elles provoquent surtout des démangeaisons gênantes, une infestation mal gérée peut entraîner des allergies, transmettre des vers et, dans les cas sévères, fragiliser l’animal. Bonne nouvelle : avec la bonne méthode, on en vient à bout. Ce guide vous explique comment reconnaître les puces, traiter votre chien et son environnement, et éviter les récidives.
Reconnaître une infestation de puces
La puce est un petit insecte piqueur sans ailes qui se nourrit de sang. Les puces sont des insectes piqueurs de couleur brune, dépourvues d’ailes, qui se nourrissent de sang et qui mesurent environ de 2 à 5 mm de long. Une seule espèce, dénommée Ctenocephalides felis, se retrouve généralement dans le pelage des chiens et des chats mais aussi dans celui des lapins et furets.
Le signe le plus courant est le grattage. Contrairement au chat, une infestation de puces se manifeste le plus souvent chez le chien par un prurit étendu. Pour plus de certitude, l’utilisation d’un peigne à puces permettra de détecter les excréments de puces. Surveillez aussi un mordillage répété, une agitation, des rougeurs ou une perte de poils, en particulier dans le bas du dos et à la base de la queue.
Pour confirmer la présence de puces, il existe un test simple et fiable. Lorsque vous trouvez ces petits grains noirs, frottez-les sur un tissu absorbant humidifié. S’ils laissent des traces rouges, ce sont bien des excréments de puces. Votre chien est infesté et il faut le traiter ainsi que votre maison. Ces traces rougeâtres correspondent au sang digéré par la puce.
Comprendre le cycle de la puce, la clé du traitement
Comprendre le cycle de vie de la puce est indispensable pour traiter efficacement, car la grande majorité des parasites ne se trouve pas sur le chien. Les puces passent par plusieurs stades de développement : l’œuf, la larve, la nymphe et l’adulte.
Les puces adultes pondent sur l’animal, mais les œufs tombent ensuite dans l’environnement. Les puces ne naissent pas sur les chiens et les chats. Leurs œufs, pondus dans le pelage des animaux parasités, tombent sur le sol et donnent naissance à des larves. Celles-ci se transforment en nymphes capables d’attendre plusieurs mois dans l’environnement les conditions favorables à la génération de nouvelles puces adultes.
C’est pourquoi traiter le chien seul ne suffit jamais. En ne traitant qu’un stade (par exemple l’adulte présent sur votre animal), votre traitement ne sera pas efficace. En effet, vous ne tuerez que les puces présentes sur votre animal mais ne détruirez ni les œufs, ni les larves ni les pupes. Selon les conditions, le cycle peut être rapide ou très long : dans des conditions favorables (chaleur et humidité), le cycle peut se réaliser en 3 semaines. Cependant, dans des conditions défavorables, il peut durer jusqu’à 6 mois.
Traiter le chien : pipettes, comprimés et colliers
Le pilier du traitement repose sur les antiparasitaires externes prescrits ou conseillés par votre vétérinaire ou votre pharmacien. Plusieurs formes existent, à choisir selon le mode de vie de votre chien. Quatre formes principales se partagent le marché : la pipette, le collier, le comprimé et le shampooing. Chacune répond à un besoin différent, et le meilleur choix dépend autant de votre chien que de votre quotidien.
Pour les pipettes (ou spot-on), l’application est déterminante. Sa protection dure en général environ un mois, et certaines pipettes couvrent aussi les tiques, voire les moustiques. Pour qu’elle agisse pleinement, écartez bien les poils et videz la pipette sur la peau, pas sur la fourrure. Évitez le bain dans les 48 heures qui suivent, le temps que le produit se répartisse. Le collier, lui, offre une protection longue : le collier antiparasitaire libère sa molécule active de façon continue et offre la durée de protection la plus longue, jusqu’à huit mois selon les modèles.
La régularité est essentielle pour ne pas laisser le cycle redémarrer. L’efficacité d’un anti-puce dépend de sa rémanence. Qu’il s’agisse de comprimés appétents ou de pipettes, le traitement doit être renouvelé selon les préconisations du vétérinaire, généralement toutes les 4 à 12 semaines, pour éviter toute rupture de protection qui permettrait aux puces de relancer leur cycle de reproduction.
Deux précautions de sécurité importantes : il ne faut jamais interchanger les antiparasitaires chat et chien. Les dosages et certaines molécules diffèrent, et un produit chien à la perméthrine est mortel pour un chat. Et si vous avez plusieurs animaux, traitez-les tous. Si l’un de vos chiens ou de vos chats a des puces, alors ils en ont tous, même si vous ne les voyez pas. Si vous avez plusieurs animaux, il est indispensable de les traiter en même temps, avec un produit adapté à chacun d’entre eux.
Traiter l’environnement : l’étape souvent oubliée
C’est l’erreur la plus fréquente : ne traiter que l’animal. La principale source de contamination est en réalité l’habitation. La principale source de contamination des chiens et des chats est l’environnement. Les puces ne naissent pas sur les animaux mais dans leur environnement. Par temps chaud et humide, celui-ci peut abriter des dizaines de milliers de jeunes puces.
Quelques gestes simples et réguliers réduisent fortement le réservoir de puces dans la maison. Passer l’aspirateur régulièrement (2 à 3 fois par semaine) sur les zones de repos de l’animal réduit significativement la quantité d’œufs et de larves dans l’environnement avant qu’ils n’atteignent le stade adulte. Vider le sac après chaque passage. Pensez également au linge : lavez les couvertures, housses de coussin et panier lavable à 60°C au moins une fois par mois. C’est la seule façon d’éliminer les œufs et larves déposés dans la literie avant qu’ils n’atteignent le stade adulte.
Dans certains cas, un traitement insecticide du logement est nécessaire, à combiner avec le traitement de l’animal. S’ils n’administrent pas une prophylaxie de routine et qu’une infestation se produit, il faudra au moins 3 mois avant que celle-ci ne soit sous contrôle. Les traitements prophylactiques doivent être combinés à un traitement de l’environnement.
Pourquoi le traitement semble parfois ne pas marcher
Vous voyez encore des puces après avoir traité votre chien ? C’est souvent normal au début. Si vous avez l’impression que le produit mis sur votre compagnon ne fonctionne pas, alors il ne faut pas hésiter à traiter son environnement. Il est fort probable que les puces que vous voyez soient des puces qui viennent tout juste de contaminer votre animal.
Il faut donc s’armer de patience et tenir le traitement dans la durée. Il faut cependant prévenir les propriétaires qu’une fois les puces installées dans une habitation, il faudra au minimum 3 mois pour s’en débarrasser.
Les complications à connaître
Au-delà des démangeaisons, les puces peuvent provoquer une réaction allergique appelée DAPP. Certains chiens sont allergiques à la salive de puces. Cela provoque des dermatites par allergie aux piqûres de puces (appelée aussi DAPP). Vous verrez alors votre chien se gratter et se mordiller de façon très intense.
Les puces transmettent aussi un ver intestinal fréquent. Les puces peuvent transmettre certains vers. Certains vers plats (Dipylidium caninum) très fréquents chez le chien et le chat peuvent être transmis par les puces. C’est pourquoi on associe souvent un vermifuge après une infestation. Enfin, chez les sujets fragiles, l’enjeu peut être plus sérieux : chez les chiots ou les chiens affaiblis, une forte infestation par les puces doit vous inquiéter. Consommant de grande quantité de sang quand elles sont nombreuses, elles peuvent faire apparaître une anémie chez votre animal.
Et les traitements naturels ?
Les solutions naturelles séduisent de nombreux propriétaires, mais elles ont des limites. Les antipuces naturels ne suffisent pas en cas de réelle infestation. La terre de diatomée ou les huiles essentielles offrent une efficacité limitée et irrégulière, et certaines huiles sont même risquées. Ils peuvent compléter un traitement de fond, jamais le remplacer. En cas d’infestation avérée, le recours à un antiparasitaire vétérinaire reste indispensable.
Faut-il traiter en hiver ?
Beaucoup pensent que les puces disparaissent l’hiver. C’est partiellement vrai à l’extérieur, mais pas à l’intérieur. En hiver, dans la plupart des régions françaises, les conditions climatiques limitent le risque d’attraper des puces à l’extérieur. Par contre les habitations, chauffées, sont un milieu idéal pour le développement de ces parasites. Une protection toute l’année est donc souvent recommandée, à ajuster avec votre vétérinaire. Les traitements antiparasitaires doivent toujours se faire sur les conseils d’un vétérinaire. Seul le vétérinaire est à même de vous prescrire le traitement adapté au risque parasitaire auquel votre animal est exposé.
FAQ
Comment savoir si mon chien a des puces ?
Recherchez un grattage anormal et de petits points noirs dans le pelage, surtout vers le bas du dos. Passez un peigne fin dans son pelage. Frottez-le sur un papier absorbant humide. Comme les crottes de puces contiennent du sang non digéré, vous devriez y apercevoir une couleur rougeâtre.
Faut-il traiter la maison en plus du chien ?
Oui, c’est indispensable. La majorité des puces (sous forme d’œufs, larves et nymphes) se trouvent dans l’environnement, pas sur l’animal. Les traitements prophylactiques doivent être combinés à un traitement de l’environnement. Aspirateur régulier et lavage du linge à 60°C sont vos meilleurs alliés.
Combien de temps pour se débarrasser des puces ?
Comptez plusieurs semaines à plusieurs mois. Une fois les puces installées dans une habitation, il faudra au minimum 3 mois pour s’en débarrasser. La patience et la régularité du traitement sont essentielles.
Peut-on utiliser un antipuce pour chat sur un chien (ou l’inverse) ?
Non, jamais. Il ne faut jamais interchanger les antiparasitaires chat et chien. Les dosages et certaines molécules diffèrent, et un produit chien à la perméthrine est mortel pour un chat.
Les puces du chien peuvent-elles piquer l’homme ?
Oui. Ctenocephalides felis se retrouve dans le pelage des chiens et des chats. Cette puce peut également piquer l’homme. Si des membres du foyer présentent des piqûres, c’est souvent le signe d’un environnement déjà infesté.
Anticipez les dangers en balade avec Gambade
Les puces s’attrapent souvent dehors, lors des promenades, avant d’être ramenées à la maison. Pour protéger votre chien, mieux vaut connaître les zones et périodes à risque. L’application Gambade vous alerte sur les dangers en balade pour les chiens (parasites comme les tiques, chenilles processionnaires, cyanobactéries, coups de chaleur, et bien plus). Téléchargez Gambade et partez l’esprit tranquille à chaque sortie avec votre compagnon.
Sources
- ESCCAP France, Comment protéger les animaux de compagnie vis-à-vis des parasites
- ESCCAP France, Pourquoi le traitement contre les puces ne marche-t-il pas ?
- ESCCAP France, Recommandations pour la prévention des parasites externes
- ESCCAP France, Faut-il traiter contre les puces en hiver ?
- ESCCAP, Recommandations (PDF)
- Clinique vétérinaire Desmettre-Fath (Mulhouse), Traitement des puces
- Virbac, Infestation de puces chez le chien
- AniCura France, Les puces chez le chien
- Maganimo, Les puces chez le chien
- Opoils, Puce du chien : pipette, collier ou comprimé
- Solution Nuisible, Les puces chez le chien
- Pharmaservices, Connaître le cycle des puces pour mieux traiter
- Vetocanis, Le traitement des puces chez le chien
- Josera, Mon chien a des puces
- Santévet, Des traitements efficaces contre les puces
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