Les chenilles processionnaires figurent parmi les dangers les plus redoutés en balade avec un chien. Leurs poils urticants peuvent provoquer des lésions graves, notamment au niveau de la langue, et nécessitent une prise en charge vétérinaire en urgence. Ce guide vous explique comment reconnaître le risque, repérer les symptômes et adopter les bons réflexes pour protéger votre compagnon.
Pourquoi les chenilles processionnaires sont dangereuses pour le chien
Le danger ne vient pas d’une morsure mais des milliers de poils microscopiques que portent ces chenilles. Selon l’ANSES, il existe deux espèces concernées en France : la chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa), qui colonise les résineux de la famille des pins, et la processionnaire du chêne (T. processionea), qui préfère les feuillus de la famille des chênes. Le danger provient de leurs poils, très urticants pour l’humain comme pour l’animal.
Ces poils ne sont pas de simples irritants. D’après l’ARS Centre-Val de Loire, par leur structure en forme de harpons, ils s’accrochent facilement aux tissus et déclenchent une réaction d’urtication par libération d’histamine chez les humains et chez les animaux lorsqu’ils entrent au contact de la peau et des muqueuses.
Point important : le contact direct avec la chenille n’est pas toujours nécessaire. L’ARS précise que ces poils peuvent se détacher très facilement sous l’effet du vent et être transportés sur de longues distances, si bien que la survenue d’effets n’implique pas forcément d’avoir touché une chenille. De plus, l’ARS Nouvelle-Aquitaine souligne que les nids, même vides, peuvent rester urticants plusieurs années s’ils sont préservés de l’humidité.
Pourquoi le chien est particulièrement exposé
Le chien est de loin l’animal le plus touché. Selon l’ANSES, parmi les cas d’exposition rapportés, concernant presque exclusivement la processionnaire du pin, les chiens représentaient 92 % des cas et les chats environ 7 %.
La raison tient à leur comportement. L’ANSES explique que, contrairement aux humains, les lésions chez les animaux se situent principalement dans la cavité buccale, car les chiens lèchent ou mangent les chenilles. Curieux et attiré par ces chenilles qui se déplacent en file indienne au sol, le chien les renifle ou tente de les attraper avec la gueule, ce qui met les poils urticants en contact direct avec ses muqueuses les plus sensibles.
Les symptômes d’une exposition aux chenilles processionnaires
La complication la plus grave concerne la langue. L’ANSES indique qu’une complication majeure est la nécrose de la langue, de gravité variable, qui peut être prévenue ou limitée par un traitement médical très rapide de l’animal. Des lésions des pattes et du système digestif peuvent également survenir.
Les signes à surveiller après une balade en zone à risque sont notamment :
- Une hypersalivation soudaine, le chien bave de façon excessive.
- Une langue qui gonfle, rougit, devient douloureuse et peut présenter des zones noircies.
- Des difficultés à fermer la gueule ou à manger.
- Un abattement, des gémissements ou une agitation liés à la douleur.
- Une atteinte des yeux pouvant entraîner une conjonctivite si les poils s’y fixent.
Selon l’i-CAD, les symptômes varient en fonction de la localisation des poils urticants : œdème suivi d’une nécrose de la langue (cas le plus fréquent), ulcération, hypersalivation, et nécrose de l’estomac si la chenille a été ingérée, pouvant conduire à la mort.
Attention, ces signes peuvent être confondus avec une brûlure ou une intoxication, surtout si vous n’avez pas vu votre chien au contact des chenilles, comme le rappelle Santévet.
Que faire en urgence si votre chien a été en contact
Une exposition aux chenilles processionnaires est une urgence vétérinaire. Le délai de prise en charge est déterminant pour limiter les séquelles.
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Restez calme. Comme le souligne zooplus, il est primordial de rester calme pour réellement aider votre compagnon, d’autant que le chien ressent votre nervosité.
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Protégez-vous. L’ARS Nouvelle-Aquitaine recommande, en cas d’exposition d’un animal domestique, d’éviter de se contaminer soi-même en le manipulant, en portant gants, lunettes et masque, car les poils sont aussi urticants pour l’humain.
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Rincez abondamment à l’eau, sans frotter. L’ARS Nouvelle-Aquitaine précise qu’il ne faut pas frotter l’animal mais le laver en grande eau. Le rinçage des zones touchées (gueule, langue, yeux) vise à éliminer un maximum de poils. Ne frottez jamais, car cela briserait les poils et libérerait davantage de toxine.
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Filez chez le vétérinaire sans attendre. L’ANSES insiste : un traitement médical très rapide peut prévenir ou limiter la nécrose de la langue. Appelez votre vétérinaire ou la clinique de garde pour les prévenir de votre arrivée.
À la clinique, il n’existe pas d’antidote spécifique. Selon Purina, la prise en charge repose sur un ensemble de soins prodigués en urgence : nettoyage du chien (bouche, oreilles et yeux), prescription d’anti-inflammatoires, d’antibiotiques voire d’antihistaminiques, et un suivi de l’évolution des plaies et nécroses.
Les périodes à risque selon l’arbre
Le calendrier du danger dépend de l’espèce de chenille, et donc de l’arbre concerné.
Pour la processionnaire du pin, le risque est concentré sur la fin de l’hiver et le début du printemps. L’ANSES indique que les expositions aux processionnaires du pin sont observées de janvier à mai, avec un pic en mars. Les périodes peuvent varier selon les régions : l’ARS Île-de-France évoque une période urticante de décembre à avril, tandis qu’en PACA elle peut débuter dès novembre, comme le rapporte Super Nuisibles.
Pour la processionnaire du chêne, le risque se situe plutôt au printemps et au début de l’été. L’ARS Centre-Val de Loire indique qu’elles sont urticantes et allergisantes de mai à juillet.
À noter : ces chenilles ne sont plus cantonnées au sud de la France. L’ANSES précise qu’à elles deux, ces espèces ont été identifiées sur l’ensemble de la métropole, et qu’il n’y a plus aucun département qui échappe à l’une ou l’autre des espèces. Cette progression vers le nord est favorisée par le changement climatique.
Comment protéger son chien en balade
La meilleure protection reste l’évitement. Voici les réflexes recommandés par les autorités sanitaires :
- Tenez votre chien en laisse dans les zones boisées à risque, surtout pendant les périodes d’activité des chenilles.
- Évitez les pinèdes et les forêts de chênes infestées au printemps. La source gouvernementale notre-environnement conseille d’écarter les animaux de compagnie, notamment les chiens qui risquent une nécrose de la langue s’ils tentent de manger les chenilles.
- Repérez les nids (sortes de cocons soyeux blancs) dans les pins et les chênes, ainsi que les processions de chenilles au sol, et changez d’itinéraire.
- Ne touchez jamais une chenille, vivante ou morte. La source notre-environnement rappelle que, qu’elle soit vivante ou morte, il ne faut jamais toucher de chenille processionnaire.
- Surveillez votre chien après chaque sortie en période à risque et consultez au moindre doute.
Pour les jardins concernés, l’ANSES recommande des mesures combinant prévention et lutte, comme la pose de colliers-pièges autour des troncs de pins avant l’hiver, au moment où les chenilles descendent pour s’enfouir dans le sol.
FAQ : chenilles processionnaires et chien
Une chenille processionnaire peut-elle tuer un chien ? Oui, dans les cas graves. L’ANSES rappelle que les poils sont très urticants, et l’i-CAD signale qu’une nécrose de l’estomac peut survenir si la chenille a été ingérée, pouvant conduire à la mort. Une prise en charge rapide réduit fortement ce risque.
Mon chien a léché une chenille, dois-je attendre les symptômes avant de consulter ? Non. Il s’agit d’une urgence. Selon l’ANSES, un traitement médical très rapide permet de prévenir ou de limiter la nécrose de la langue. Consultez sans attendre l’apparition de signes graves.
Faut-il rincer avec du bicarbonate de soude ? Le geste de premier secours recommandé par l’ARS Nouvelle-Aquitaine est de laver en grande eau, sans frotter. Rincez abondamment à l’eau et rendez-vous chez le vétérinaire ; ne perdez pas de temps à chercher des produits spécifiques.
À quelle période faut-il être le plus vigilant ? Cela dépend de l’arbre. Pour le pin, l’ANSES observe les expositions de janvier à mai, avec un pic en mars. Pour le chêne, l’ARS Centre-Val de Loire situe le risque de mai à juillet. Les dates varient selon la région et la météo.
Mon chien peut-il être touché sans avoir vu de chenille ? Oui. L’ARS Centre-Val de Loire explique que les poils peuvent se détacher sous l’effet du vent et être transportés sur de longues distances, et que les nids restent urticants même vides. Le contact direct n’est donc pas obligatoire.
Anticipez le danger avec Gambade
Les chenilles processionnaires ne préviennent pas, et chaque minute compte en cas de contact. Pour balader l’esprit tranquille, téléchargez l’application Gambade : elle alerte les propriétaires de chiens sur les dangers présents lors de vos sorties (chenilles processionnaires, cyanobactéries, tiques, coups de chaleur et bien d’autres). Restez informé, anticipez les zones à risque et protégez votre compagnon au bon moment.
Sources
- ANSES, Les chenilles processionnaires : des chenilles urticantes à ne pas toucher ni approcher
- ANSES, Beware of stinging hairs from processionary caterpillars
- ANSES, Chenilles processionnaires du pin et du chêne
- ARS Centre-Val de Loire, Chenilles processionnaires : gare aux poils urticants
- ARS Nouvelle-Aquitaine, Chenilles processionnaires
- Notre-environnement (gouvernement), Au printemps, les chenilles processionnaires reviennent : quels sont les dangers ?
- i-CAD, Chenilles processionnaires : le risque chez le chien et l’Homme
- Santévet, Le danger des chenilles processionnaires pour le chien
- zooplus, Chenille processionnaire : quels dangers pour le chien ?
- Purina, Les chenilles processionnaires du pin, ennemies du chien
- Super Nuisibles, Chenille processionnaire : période, saison et calendrier
Gambade vous alerte des dangers signalés sur vos balades.
